Nichée dans les cavités des arbres, gorge orangée et plumage bleu-gris, la sittelle torchepot vous guide, en chantant, sur le communal de Sorrus balisé par des flèches jaunes. Au départ du stade de football (allée des Peupliers), les premières balises vous proposent deux directions. La première, les bois, comme le petit chaperon rouge. À Sorrus, point de loup mais des bovins qui pâturent dans la prairie, en bas du château d’eau. C’est bon pour les fleurs qui tapissent l’herbe : les orchidées sauvages. Elles détestent les broussailles.

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Sur ce tapis violacé, volettent des petites nymphes. Ce sont les espèces de libellules les plus précoces, et de la fin du mois d’avril à la mi-juillet, c’est là qu’elles prennent leurs quartiers. Loin des chênes, hêtres et frênes qui font de l’ombre aux autres fleurs du sentier communal. Dès le printemps, les anémones, jacinthes et pervenches se dépêchent d’éclore, avant que les feuillages de ces arbres cachent les rayons du soleil.

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À quelques encablures, un autre tapis violacé prend ses aises l’été, sur la butte de Sorrus – Saint-Josse, formant ainsi une lande. Et c’est la callune qui s’en réjouit le plus. Callune, c’est une plante de la famille de la bruyère. Avec un arbuste aux fleurs bleues, appelé le polygala, ils se partagent le lieu. Sur ce sentier communal aménagé, les promeneurs découvrent en fait quatre milieux différents : le bois, la lande et la prairie donc, puis, la mare. C’est la seconde direction balisée par une flèche jaune. En la suivant, on tombe sur un refuge de biodiversité.

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Au printemps, huit espèces d’amphibiens se partagent ce plan d’eau qui trouve son origine dans l’exploitation de l’argile, pour les poteries locales. Parmi les grenouilles, des rainettes. Comme les princes charmants, elles sont menacées de disparition, notamment chez nous, dans le Pas-de-Calais. À Sorrus, elles cohabitent près de petites fleurs blanches, les renoncules peltées, avec la couleuvre à collier et le triton crêté, par exemple. Avec un peu de chance, vous les croiserez. Sinon, ils sont en photo, sur un des quatre panneaux explicatifs plantés au fil des 1,2 kilomètre. Si les sittelles torchepot chantent, avec les rouges-gorges et les mésanges, ils ne parlent pas encore.

ANNE-SOPHIE PUJOL - Voix du Nord - le 22 avril 2014.